Tuesday, March 27, 2007

 

Jouer gagnant les "pocket pairs"

Cette partie sera surement la plus importante pour vous en micro-limites, parce qu'elle va vous permettre de jouer sans avoir à vous poser de questions et vous permettra de remporter les plus gros pots que vous pourrez imaginer à votre limite.

Comment jouer une "pocket pair" (ou paire servie), à savoir une paire que vous detenez en main (ex : 22) ?

Il existe plusieurs méthodes pour jouer ces paires :

Classiquement on relancerait pour tenter de réduire le nombre de nos adversaires mais avec une paire inferieure à 10 on se retrouvera presque toujours avec une visibilité quasi-nulle au flop, pire encore si on a pas la position (sous entendu à la place du dealer), et si par malheur notre paire de 10 devenait une overpair sur un flop 256 on risquerait de se faire piéger par une multitude de mains comme 22, 55, 66, 34, 56, JJ, QQ, KK, AA et d'y laisser notre tapis.

Nous devons jouer prudent mais aggressivement quand nous SAVONS que nous avons la meilleure main. Notre problème ici est que non seulement notre visibilité au flop sera mauvaise et tout débutant aura beaucoup de mal à lire le jeu de ses adversaires mais surtout en effectuant une relance dans notre cas (contre d'autres débutants) sachant le nombre de payeurs potentiels on risque fort de se retrouver contre une multitude de mains très dangereuses et de tirages mortels auquels nos adversaires vont s'accrocher. Saurez-vous jeter votre main si vous vous pensez battus ? Vous pensez peut être que oui, mais nous savons que ce n'est pas le plus évident, maintenant je vais vous expliquer comment vous n'aurez pas à vous impliquer dans le coup pour gagner surement.

Mais commençons par 2 chiffres que nous tacherons d'apprendre par coeur :

- La probabilité de toucher son brelan (ou "set") au flop est de 12%
- La probabilité de toucher son brelan avec l'aide des 5 cartes communes est de 18%

Vous aurez donc compris qu'on ne va jouer ces petites paires QUE pour toucher notre brelan. Le brelan à partir d'une pocket pair est une main très atypique au NLHE, elle est totalement invisible, n'a besoin que d'une seule carte pour devenir très forte et s'améliore en full qui extermine les quintes et couleurs. Notez que si votre adversaire a dejà une paire (imaginons qu'il ait touché la paire d'as avec son AK) il ne pourra pas vous battre avec un brelan supérieur puisque celà vous donnerait un full, ses possibilités d'amélioration sont donc minimes.

En pratique vous n'irez que rarement au delà du flop à la recherche de votre brelan, tout simplement parce que comme je l'ai précisé vous n'avez besoin que d'une carte pour améliorer votre jeu, vous ne serez jamais à tirage avec votre main (sauf évidemment exceptionnellement si vous êtes à tirage quinte, je vais y revenir), en payant pour voir le flop ce sont 3 cartes pour le prix d'une seule mise que vous voyez, 3 chances de toucher votre brelan, en payant le turn ou la river vous n'avez plus qu'une seule carte pour le prix d'un tour de mise qui, de plus, sera valorisé par la taille du pot et le jeu de vos adversaires sera potentiellement bien meilleur que sur le flop puisqu'il aura également été amélioré par le turn et la river. Bref à moins d'un check général vous n'avez aucun interêt à payer et ce sera même vivement déconseillé.

Négocier sa pocket pair avant le flop.

Lors du premier tour de mise, dans notre cas la position importe peu, c'est le seul cas où la determination de votre position n'est pas un facteur critique, c'est un avantage certain mais pas une necessité. Si vous avez retenu que nous avons une probabilité de toucher notre brelan de 12% vous aurez compris que vous allez l'obtenir une fois sur 8, ce qui signifie caricaturalement que vous allez jeter 7 fois sur 8 (en réalité moins sachant qu'il vous arrivera de vous trouver sur une tirage quinte bilatéral) et qu'il faudra donc multiplier au moins par 8 notre investissement initial lorsque nous toucherons notre jeu (pour les puristes on dit que notre cote est ici de 7:1). N'oubliez pas que si nous ne faisons pas d'excès nous ne perdrons que l'argent investi lors du premier tour de mise, notre but est donc de payer notre brelan potentiel le moins cher possible avant le flop et/ou de garder un maximum d'adversaire dans le coup.

J'emploie la formulation "et/ou" parce que plus vous avez d'adversaires dans le coup plus vous pouvez vous permettre d'investir dans votre main. Exemple :

Imaginons qu'on ait 10 joueurs à une table, vous êtes au bouton et parlez donc en 8e (juste avant la small et big blind)

Le premier à parler relance à 4BB, 3 joueurs payent, 3 se couchent, la parole vous revient. Détaillons : Il y a à cet instant 16BB dans le pot + au moins 1,5BB pour les 2 joueurs qui vous suivent soit 17,5BB dans le pot, vous allez payer 4BB pour en gagner potentiellement au moins dejà 17,5 soit plus de 3 fois votre investissement initial, vous devez payer. Mais pourquoi ?

Nous avons vu que vous devrons gagner au moins 8 fois notre investissement avant le flop quand nous touchons le brelan, ici nous touchons dejà 3 fois cet investissement, nous n'aurons qu'à tripler cette valeur si nous obtenons notre brelan au flop, ce qui face à 4 adversaires qui ont payé une relance ne sera pas difficile, l'un d'entre eux possède probablement une bonne main, peut être AA, KK, QQ voire JJ, bref une main avec laquel il sera tenté de mettre son tapis face à un flop en apparence inoffensif.

On va avoir recours ici à la notion de cote implicite, pour rappel la cote implicite est ce que vous pensez pouvoir prendre à un ou plusieurs adversaires si vous trouvez votre jeu. Contre nos micro-limites elle sera souvent égal au tapis de l'adversaire, ce qui pourrait nous permettre de jouer plus largement mais dans l'absolu nous éviterons pour ne pas prendre de trop mauvaises habitudes et pour éviter les mauvaises passes qui risqueraient de nous pousser à faire de grosses fautes.

J'en reviens à mon exemple précédent, si je n'ai pour l'instant qu'un potentiel de 3 fois ma mise ma cote implicite est très élevée puisque le pot a été relancé avant le flop, les mises sur le flop seront valorisées par les mises avant le flop, en clair celà signifie qu'une relance moyenne sera à environ la moitié du pot, soit 8 à 9BB ici (en pratique les débutants jouent plutôt à environ 5 à 6 fois la BB pour la relance moyenne dans ce cas mais les écarts sont très variables). Si je trouve mon brelan et que je parle en premier alors que le pot a été relancé avant le flop je peux me permettre de checker si le flop n'est pas trop menaçant, je sais que quelqu'un va relancer, le relanceur initial va au moins effectuer son continuation bet (un mouvement classique qui consiste à appuyer sa relance initiale pour tenter d'arracher le pot), si comme prévu je suis relancé ma décision dépend du flop, si je vois d'éventuels tirages à quinte ou couleur et s'il reste trop d'adversaires en face je préfererai mettre le tapis, dans le cas contraire je peux me permettre d'effectueur la relance minimale (à hauteur de la relance précédente) mais jamais je ne me contenterai de payer sauf si le flop est vraiment trop menaçant (un tirage quinte flush par exemple), dans ce cas rarissime se coucher peut être raisonnable, si la relance n'est pas trop importante on peut payer à la recherche d'un full.

Imaginons un flop 456 de coeur, j'ai 55 en main, les cartes qui me feraient gagner sont les 4, 5 et 6. Il reste trois 4, un 5 et trois 6, j'ai donc 7 outs sur le turn. Si je rate mon tirage au turn (par exemple si un K sort) j'obtiens 3 outs supplémentaires sur la river (tous les K me donnent mon full) je me retrouve avec 10 outs. Ma probabilité de gain augmente mais les mises doivent augmenter également et à ce stade du jeu il y a fort à parier que l'un de vos adversaires est dejà à tapis.

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